steaven richard ; ferronnier d'art ;

Steaven Richard,
l’art de réinventer le métal

Ferronnier d’art de formation, Steaven Richard a progressivement élargi son champ d’expression pour faire du métal un véritable matériau de création. Depuis son atelier de Valenton, il accompagne architectes, décorateurs et designers dans la réalisation de projets sur mesure, où savoir-faire artisanal, expérimentation et innovation avancent de concert. Avant d’ouvrir son atelier à Paris en 2001, Steaven Richard passe près de dix ans à parcourir l’Europe. Nous sommes dans les années 1990, les frontières s’ouvrent et les échanges entre artisans se multiplient. Pour le jeune ferronnier, cette période est un formidable terrain d’apprentissage. « Le terrain de jeu s’élargissait », résume-t-il. Il découvre d’autres façons de travailler, d’autres sensibilités et d’autres traditions artisanales. Une expérience qui lui apprend surtout que certains savoir-faire ne s’acquièrent pas dans les livres d’histoire de l’art, mais au contact des ateliers et des chantiers. Il cite volontiers la restauration des grilles du château de Karlsruhe, en Allemagne, dont les dessins étaient français mais la réalisation allemande : une illustration de ces échanges et de ces transmissions qui façonnent les métiers d’art. Une ouverture qui nourrit encore aujourd’hui sa démarche, entre exigence du geste et recherche permanente de nouveaux procédés.

Ci-dessus : Steaven Richard. ©Nicolas Anglade

atelier steaven richard ; Frise en marqueterie de métal sur mesure
Frise en marqueterie de métal sur mesure en laiton et zinc patiné, inspirée des Fables de La Fontaine. Architecte MDBS.

Steaven Richard, artisan de l’innovation

À son retour, Steaven Richard ne souhaite pas seulement exercer la ferronnerie d’art : il veut en renouveler les codes. Son ambition est de créer un environnement propice à l’innovation. Pour cela, il réunit des profils complémentaires, introduit des machines qui n’ont, a priori, pas leur place dans un atelier de ferronnerie d’art et s’entoure de collaborateurs aux parcours variés. Aujourd’hui, une douzaine de collaborateurs – techniciens, spécialistes de l’assemblage ou du travail de la matière – participent à cette recherche permanente.

Cette démarche prend un tournant décisif en 2013, lorsqu’une commande de Karl Lagerfeld l’amène à réaliser un parquet Versailles en maillechort texturé pour son studio chez Chanel. Pour répondre à cette demande, il détourne l’usage d’un laminoir. Le projet agit comme un véritable accélérateur : de longues années de recherche aboutissent à la naissance du laminage artistique. Plusieurs procédés développés par l’atelier sont aujourd’hui protégés par des brevets. Cette exigence de recherche et de qualité est reconnue dès 2011 avec l’obtention du label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), distinction de l’État qui salue l’excellence des savoir-faire artisanaux et industriels français. La même année, l’atelier rejoint les Grands Ateliers de France, un réseau réunissant plus de soixante ateliers d’art reconnus par leurs pairs.

fable de la fontaine ;Frise en marqueterie de métal sur mesure
Atelier Steaven Richard. Frise en marqueterie de métal en laiton et zinc patiné, inspirée des Fables de La Fontaine. Architecte MDBS.

L’atelier Steaven Richard, au service des architectes

Steaven Richard décrit volontiers son métier comme un « dialogue avec le métal ». Une formule qui résume sa manière de travailler. Le dialogue s’établit d’abord avec l’architecte ou le décorateur, dont il cherche à comprendre l’intention. Vient ensuite celui avec la matière, qu’il façonne pour traduire cette vision en textures, reliefs et finitions. Son rôle n’est pas d’imposer un style, mais de transformer une idée en langage métal. Cette approche conduit aujourd’hui l’atelier sur des projets menés aux quatre coins du monde. L’atelier ne propose pas les mêmes matières ni les mêmes finitions à Londres, Zurich, Rome, Stockholm ou New York. Les matières et les finitions évoluent ainsi selon la culture et les sensibilités esthétiques de chaque pays. Qu’il s’agisse d’un habillage mural, d’un escalier monumental ou d’un ascenseur devenu élément d’architecture à part entière, Steaven Richard poursuit la même ambition : traduire les intentions des architectes en langage métal.

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Interview de Steaven Richard, à propos de la frise inspirée des Fables de La Fontaine.
Réalisée sur mesure en laiton et zinc patiné, cette frise inspirée des Fables de La Fontaine orne la façade d’un bar conçu par le cabinet londonien MDBS Architects. Steaven Richard revient sur la genèse de cette création et les choix artistiques qui ont guidé sa réalisation.

Comment est née cette frise ?

Steaven Richard : c’est un projet assez particulier. Peu d’architectes français se seraient spontanément emparés des Fables de La Fontaine. Nous avons tous grandi avec ces textes, mais les transformer en décor est un exercice très différent. L’équipe de l’agence londonienne MDBS Architects n’avait aucun a priori sur cette œuvre. Elle nous a proposé ce thème, puis, très vite, nous a laissé une grande liberté de création. Son rôle était celui d’un chef d’orchestre : elle veillait à la cohérence de nos propositions avec l’environnement de la pièce, mais nous laissait cheminer librement.

Comment avez-vous transposé cet univers littéraire dans le métal ?

Steaven Richard : il a d’abord fallu trouver le bon équilibre. Nous ne voulions surtout pas d’une représentation trop figurative. L’idée était de prendre de la distance avec les fables et de rendre les animaux plus abstraits grâce au calepinage et aux patines. Une fois ce langage visuel défini, nous avons pu composer l’ensemble du décor.

Pourquoi avoir retenu certaines fables plutôt que d’autres ?

Steaven Richard : toutes les fables ne sont pas représentées. Nous avons sélectionné les plus connues, mais aussi celles dont les animaux se prêtaient le mieux à une interprétation décorative.

Quels ont été les principaux défis de réalisation ?

Steaven Richard : le premier était artistique : réussir à mettre les fables à distance, sans tomber dans une illustration trop littérale. Le second était technique, notamment dans les parties cintrées, où il a fallu adapter tout le calepinage aux courbes.

Que souhaitez-vous transmettre à travers cette œuvre ?

Steaven Richard : nous sommes dans l’art décoratif. L’ambition n’est pas de transmettre un récit, mais de créer une harmonie artistique et de susciter le plaisir des yeux.

 

©Nicolas Anglade

Atelier Steaven Richard
371 rue des Chênes
77590 Chartrettes
Tél. : +33 (0)1 64 81 16 17
www.steavenrichard.fr

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