Millon vend aux enchères
la collection d’Arturo Aguinaga

Comme il se plait à le dire, Monsieur Arturo Aguinaga est un « Aventurier des temps modernes ».

A 20 ans, il organise des voyages d’exploration à travers l’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale. Il découvre les civilisations de l’Amérique Précolombienne, survole un site Maya inexploré qui sera par la suite redécouvert et fouillé par des archéologues.

Cet aventurier, avide de nouvelles découvertes et de rencontres inédites, se rendra dans des régions improbables peu ou pas explorées. L’Amazonie, la Cordillère des Andes, Mexique ou Guatemala, dans le sillage d’Antonin Artaud. Arturo Aguinaga va parcourir le désert de San Luis Potosi et assistera aux processions chamaniques et religieuses dans le village indigène de Real del Catorce. A la recherche du célèbre mythe “El Dorado”, dans les régions montagneuses de Colombie, c’est sur les traces de l’archéologue Ferdinand Anton qu’il se perd dans les cités Mayas.

Habitant de Barcelone, c’est au cours d’une exposition au début des années 1960 qu’il rencontre le célèbre marchand d’Art Précolombien Federico Benthem et acquiert ainsi ses premières pièces.

Aujourd’hui, Monsieur Aguinaga, âgé de 80 ans, souhaite disperser aux enchères parisiennes cette précieuse collection à des collectionneurs passionnés comme lui. Très attendue, elle sera présentée aux enchères à l’Hôtel Drouot le samedi 01 décembre 2018 par la Maison Millon.

Hôtel Drouot – 9, rue Drouot – 75009 Paris – Tél. : +33 (0)1 48 00 20 20

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Ci-dessus à gauche : magnifique sculpture anthropomorphe, elle présente un seigneur assis en tailleur les mains posées sur les cuisses dans une position codifiée. Sa taille est ceinte d’une parure arborant le masque du dieu Itzamna. Les ailes latérales sont modelées de la représentation du dieu G2 au buste humain et au bas du corps se transformant en serpent ondulant. Cette œuvre est accompagnée d’une poignée à l’arrière nous indiquant qu’elle fut probablement arborée au cours de la cérémonie d’intronisation du seigneur ici représenté. L’iconographie nous suggère que ce prêtre est sous la protection du dieu Suprême Itzamna ainsi que le dieu G2 qui le soutiennent par les bras et éclairent son chemin. Le dieu G2, également surnommé miroir d’obsidienne, était considéré comme la divinité protégeant les seigneurs et reflétant la lumière du soleil afin d’illuminer le dignitaire d’une aura de puissance. Il est très rare de trouver des œuvres de cette taille produites sur l’île de Jaina. Terre cuite avec traces de polychromie éparses. Bel état général de conservation. Ile de Jaina, région de Campeche, Mexique, fin de la période Classique. 800-900 après J.-C. Dimensions : 28,5 x 20,5 cm. Estimation : 150 000 / 250 000 €. Ci-dessus à droite : Coupe tripode à grelot destinée probablement à être utilisée au cours des cérémonies magico-religieuses. Elle présente au centre un médaillon évoquant un seigneur sur son trône et faisant face à un prêtre nain levant un bras vers le ciel dans un geste symbolique. Cette scène fait référence probablement à l’appel des forces divines dont le chamane nain est le représentant sur terre, afin que le seigneur puisse bénir la terre et son peuple. Sur le pourtour un bandeau représente deux singes tenant des fruits en signe d’offrande, leur queue spiralée symbolise le mouvement du temps et le cosmos. Entre chacun des deux, figurent deux chevreuils bondissant, animaux solaires symbolisant le cycle de l’obscurité vers la lumière. Terre cuite polychrome. Maya, Mexique ou Guatemala, époque Classique. 600 à 900 après J.-C. Dimensions : 10 x 32 cm. Estimation : 20 000 / 30 000 €.

Signatures Singulières Magazine. Vente Precolombienne chez Millon. Commissaire priseur à Paris.

Prêtre debout. Itzamna est le dieu créateur aux multiples aspects, et le premier du panthéon maya. Son totem est le serpent et en langue maya Itzamna signifie la “maison du reptile”. Dans la cosmogonie maya, le serpent est le symbole du ciel, de la terre et de l’inframonde. Itzamna est la personnification de toutes ces forces et il forme une entité unique représentant chacune d’elles. Le culte du dieu créateur est lié au pouvoir des dynasties régnantes dont il est le plus grand protecteur. A l’occasion de la nouvelle année du calendrier maya de nombreuses cérémonies lui sont dédiées et il est invoqué pour éloigner dangers et calamités. Il est toujours bénéfique et à la différence des autres dieux son image n’est jamais associée à la mort ou à la guerre. A la fin de la période classique les peintures représentent Itzamna sous les traits d’un scribe. Sur les codex, il apparaît comme un seigneur doté de magnifiques attributs sacerdotaux (comme c’est le cas pour notre œuvre). Les témoignages sur la religion maya à l’époque Post-Classique décrivent Iztamna comme le premier prêtre de l’humanité et l’inventeur de l’écriture. Il n’est donc pas étonnant que les seigneurs possédant les qualités de prêtre, scribe et peintre aient fait d’Itzamna leur divinité principale et patron de leur art d’exercer et de transmettre le pouvoir. Prêtre debout, une main levée en signe d’accueil ; il tient dans l’autre main un sceptre à tête glyphtique évoquant probablement le dieu Serpent, Kukulkan. Il porte une tunique, un large collier avec amulette ; ses oreilles sont distendues et arborent deux riches ornements circulaires. Ses chevilles sont agrémentées de grelots probablement utilisés au cours des danses cérémonielles. Terre cuite avec belles traces de polychromie ce qui est rare sur les œuvres du Veracruz. Mexique, époque Classique, 650 à 950 après J.-C. Dimensions : 61 x 38 cm. Estimation : 20 000 / 30 000 €.

Signatures Singulières Magazine. Vente Precolombienne chez Millon. Commissaire priseur à Paris.

Jaguar assis sur son arrière train, la gueule ouverte montrant les crocs, prêt à bondir symboliquement sur sa proie. L’animal est ici représenté avec naturalisme. Les pattes avant évoquant la transformation chamanique de l’homme vers l’animal. Sa tête est surmontée d’un épi de maïs stylisé et ses oreilles sculptées à l’arrière par des spirales évoquant le mouvement cosmique. Cette divinité est posée sur un socle quadrangulaire sculpté sur les parois latérales de glyphes primitifs. Pierre dure avec traces de polychromie localisées. Olmèque de transition Maya, côte Pacifique, époque Préclassique Terminale, 500 av. – 300 ap. J.-C. environ. Dimensions : 56 x 17 x 16 cm. Estimation : 100 000 / 150 000 €.

Signatures Singulières Magazine. Vente Precolombienne chez Millon. Commissaire priseur à Paris.

Réceptacle culturel présentant le dieu Itzamna. Il arbore les traits du dieu Chauve Souris et tient dans une de ses mains un serpent ondulant personnifiant le dieu Kukulkan. Il est vêtu d’un pectoral figurant un félin stylisé sur le torse et trois amulettes en forme de fève de cacao sur le ventre (le chocolat étant la boisson sacrée des seigneurs chez les Mayas). Son visage est dirigé avec intensité vers le ciel dont il est le maître et créateur. Terre cuite ayant conservé en partie sa magnifique polychromie d’origine. Maya, état de Quiché, Guatemala. Période Classique 550 à 950 après J.-C. Dimensions : 59 x 32 cm. Estimation : 70 000 / 90 000 €.

Signatures Singulières Magazine. Vente Precolombienne chez Millon. Commissaire priseur à Paris.

Exceptionnelle Hacha, présentant une tête de singe humanisé, la dentition marquée par des incisions et des arcades sourcilières sculptées en relief. Sa tête est surmontée de la figure totémique d’un toucan au bec légèrement aquilin posé symboliquement sur le front. Cette hacha de taille importante est probablement la seule existante présentant une tête de singe, animal associé à l’agilité des joueurs de balle, surmonté de la figure d’un toucan stylisé. Pierre granitique beige mouchetée sculptée et polie. Région du Veracruz, Mexique, 550 à 950 après J.-C. Dimensions : 30 x 23 x 3,5 cm. Estimation : 60 000 / 90 000 €.

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